Le Tabac Sacré et chemin spirituel
Travailler avec le tabac demande de la force et du courage.
Le tabac est une médecine qui ne fera pas les choses à ta place. D’autres médecines le font : lorsque tu les prends, le travail se fait, que tu le veuilles ou non.
Avec le tabac, ce n’est pas ainsi. Bien sûr, des choses vont se mettre en mouvement, car il ouvre des espaces à l’intérieur de toi et ton âme profite de cette ouverture pour déplacer certains éléments en profondeur.
Mais travailler avec le tabac demande une véritable implication.
Si tu restes immobile, que se passe-t-il ? Rien.
Si tu ne bouges pas, rien ne bouge.
Le tabac t’observe. Si tu ne mets pas d’énergie dans ce que tu souhaites transformer, il ne fera pas le travail à ta place.
Il est patient, cela ne lui pose aucun problème.
A partir du moment où tu décides réellement que les choses doivent changer, alors il te soutient et accompagne le mouvement.
Pas forcément immédiatement, ni exactement comme tu l’imagines, car cela fait partie du cheminement.
Mais il mettra en route l’énergie nécessaire pour transformer certains espaces à l’intérieur de toi et te permettre d’accéder à une véritable transformation.
Et cette transformation se fait au niveau du cœur, non du mental.
Le mental est là pour impulser une décision, pour initier le mouvement. Mais la véritable décision doit être prise dans le cœur. La mise en action passe ensuite par le mental. Il ne s’agit donc pas d’éradiquer le mental, sinon nous deviendrions des légumes.
Tout le travail auquel le tabac t’invite consiste à revenir dans le corps.
C’est sa grande force.
Il est très facile de se dire : « Je crois que ce n’est pas mon chemin… ».
Beaucoup pensent cela parce que le tabac demande une certaine exigence. Il demande que tu fasses de véritables choix personnels.
Chacun et chacune d’entre nous doit faire des choix au moment de prendre la médecine.
Déjà, tu as fait le choix de venir en cérémonie, de rencontrer le tabac pour certains, ou de continuer à nourrir le lien avec cette médecine pour d’autres.
Mais au-delà de cela, il demande des choix beaucoup plus profonds. Et pour faire ces choix, tu dois être pleinement présent à toi-même. Combien il est difficile d’être réellement présent à soi-même…
De t’engager envers toi-même.
Nous préférons souvent rester sur notre petit nuage, faire comme si tout allait bien, ou nous installer dans notre canapé devant une série.
Le tabac ne permet pas cela. Ou alors, si tu veux le faire, lui se posera simplement à côté de toi et regardera la série avec toi.
Le « Grand-Père Tabac »
Le tabac est un véritable grand-père. C’est un esprit d’une immense sagesse. Il t’accompagne sur le chemin, mais il ne fera rien à ta place.
Et personne ne fera les choses à ta place.
Oui, dans le monde ordinaire, quelqu’un peut te servir un verre d’eau, préparer un repas ou te tendre la main. Mais au-delà de cela, personne ne pourra prendre les décisions profondes que tu dois prendre pour continuer à avancer, un pas après l’autre.
Bien sûr, nous aimerions tous prendre une tasse de médecine et que tout soit réglé dans notre vie. Ce serait trop facile.
L’incarnation est prévue pour apprendre à te connecter à toi-même. Se connecter à toi-même, c’est se connecter à l’être que tu es : un être à la fois 100 % spirituel et 100 % humain.
Beaucoup pensent que nous sommes des êtres humains en quête de spiritualité, alors que nous sommes des êtres spirituels en quête d’humanité.
Tout ton travail consiste à trouver ta place, à découvrir tes particularités ici, sur cette planète.
Ton corps
Et rappelle-toi que cette enveloppe charnelle ne t’appartient pas.
Elle t’a été prêtée par la Terre pour le temps de ton incarnation.
Il est donc de ta responsabilité d’en prendre soin et de la nourrir de la manière la plus juste possible, tant physiquement que spirituellement.
Espace vibratoire
C’est pour cela que TerrAlliance ouvre des espaces de cérémonie : des espaces où le champ vibratoire est tenu avec conscience, amour et présence du cœur.
Lorsque des espaces spirituels s’ouvrent, chacun et chacune se trouve dans un état vibratoire différent, avec un cheminement et des préoccupations qui lui sont propres.
Et dans notre travail, il s’agit d’harmoniser tout cela afin que chacun puisse avancer et poser son prochain pas dans un espace inconnu, mais en toute sécurité.
Dans chacune de nos vies, chaque action que nous posons est un acte sacré.
Le Sacré
Le sacré ne se trouve pas uniquement dans les cercles ou les cérémonies. Les cérémonies sont là pour te rappeler le sacré et t’y reconnecter.
Le véritable défi ne commence pas dans les espaces de cérémonie. Il commence lorsque tu quittes ces espaces et retournes dans ton quotidien.
Oui, cela peut parfois être enivrant.
Cela peut faire remonter des peurs, provoquer de l’instabilité.
Alors la question devient : comment restes-tu connecté à toi-même ?
Comment te donnes-tu la main, comme tu la donnerais à un enfant ?
Comment t’apportes-tu ce soutien intérieur ?
Et tu ne peux t’apporter ce soutien que parce que tu as fait un choix.
Les Choix du chemin
Si tu ne décides rien, aucun soutien n’est possible.
Tu dois aussi apprendre à ne rien vouloir pour l’autre.
Depuis mon enfance, je me suis toujours dit :
« Montre l’exemple, même si c’est chaotique, même si c’est difficile. » Car mon enfance n’a pas été facile.
Pourtant, je suis toujours resté attaché à demeurer aligné. Je percevais devant moi comme un fil rouge. Je voyais de nombreux chemins, mais je savais que celui-là était le mien, parce qu’il avait une coloration différente.
Je me disais : « Si je le perçois ainsi, c’est que je dois aller là. »
Parfois, cela m’a conduit dans des espaces inconfortables, parce que j’allais à contre-courant de ce que mes amis pensaient ou faisaient.
Je ne sais pas d’où vient cette force, mais j’ai pris beaucoup de temps à ressentir où poser le prochain pas.
Puis à me dire : « OK, c’est là », et de là, cela m’amenait ailleurs encore.
Je n’avais pas réellement de vision à long terme. Pendant que certains de mes amis imaginaient leur carrière ou leurs projets, moi, j’étais animé par autre chose.
J’avais une grande passion : Haroun Tazieff.
Haroun Tazieff était un éminent volcanologue. J’étais fasciné de voir qu’un homme pouvait consacrer sa vie à comprendre la Terre.
Un jour, mon grand-père m’a emmené assister à l’une de ses conférences. J’étais le seul enfant présent. Je ne comprenais pas tout ce qu’il disait, mais je buvais ses paroles.
À la fin de la conférence, mon grand-père m’a présenté à lui. Et Haroun Tazieff m’a dit :
« Quoi que tu veuilles faire, quel que soit ton rêve, suis-le. Peu importe ce que les autres diront : si tu as un rêve, suis-le. »
Je n’ai jamais oublié ces paroles.
Je ne sais pas si c’était un rêve, mais je sentais profondément que quelque chose m’appelait dans cette direction.
Aujourd’hui, je peux dire que c’était mon âme.
À l’époque, je n’en savais rien.
J’entendais simplement quelque chose me souffler à l’oreille.
Et chaque fois que je suivais cette voix, même si cela m’amenait dans des espaces difficiles ou inconfortables, j’y allais.
J’ai envie de te dire : tu dois réapprendre à écouter ce qui t’est soufflé à l’oreille.
Tout le chemin que tu fais, tout le travail accompli à travers ces cérémonies et ces espaces, sert à retrouver le lien avec celui ou celle qui te souffle à l’oreille.
Le chemin de l’humilité
Mais derrière cela, il y a toujours la vigilance.
La vigilance est primordiale.
Car il y a la voix de l’être, de l’âme… et il y a celle de l’ego.
J’ai dû apprendre à faire la différence entre ces deux murmures. Parfois, nous sommes persuadés que c’est notre être qui parle, alors qu’il s’agit simplement de l’ego.
Et tout le chemin nous enseigne l’humilité.
Si nous ne sommes pas capables d’entendre cette différence, nous l’apprendrons. Souvent à nos dépens. Et parfois, cela fait très mal.
Si un jour cela t’arrive, si un jour tu te retrouves genoux à terre, sois dans la gratitude. Pas dans la colère ni dans la rébellion.
Car c’est le chemin de l’humilité qui commence.
Le libre arbitre
L’humain croit qu’il décide de tout.
On parle beaucoup du libre arbitre.
Mais le libre arbitre est une immense responsabilité.
Beaucoup de décisions sont prises non de manière consciente ou éclairée, mais à travers nos mécanismes, nos schémas et nos blessures.
Aujourd’hui plus que jamais, il est important de regarder en face tes schémas, tes mécanismes et tes blessures.
De leur apporter de l’amour et ce dont ils ont besoin.
Et pour cela, tu dois nécessairement entrer en lien avec eux.
Il n’existe pas d’autre chemin.
Souvent, nous aimerions simplement glisser tout cela sous le tapis.
Mais on ne peut pas éviter de traverser ces espaces pour reconnaître leurs besoins.
Toutes ces parts font partie de nous-mêmes.
Le Prisme
Nous sommes constitués de multiples facettes, comme un diamant. Mais avant de devenir diamant, il n’est qu’un morceau de carbone travaillé et comprimé pendant des siècles.
Et qui accomplit cela ? La Terre.
La Terre est en train de faire ce travail avec toi, à travers ton corps.
Elle te malaxe, te façonne et te pétrit pour qu’un jour, tu puisses devenir un diamant.
Et ce diamant, taillé peu à peu en multiples facettes, devient un prisme.
C’est pour cela que je nous appelle les « Prismes ».
Pourquoi ce mot dans nos courriers ? Parce qu’un prisme reçoit la même lumière, mais la reflète différemment.
Et aucun reflet n’est supérieur à un autre.
Nous sommes tous la perfection du reflet de la lumière qui passe à travers ce que nous sommes.
Je vous invite à honorer cela et simplement à vous mettre au diapason de votre propre vibration.
Midi chez moi, c’est midi chez moi.
Si, chez l’autre, il est treize heures, alors il est treize heures. Et c’est OK.
Mais si, chez moi, il est midi, je dois honorer cela. Pourquoi ? Parce que lorsque tu es au diapason de ta vibration, tu surfes sur la vague de ta vie.
Merci au Souffle profond, au Grand Esprit, qui nous permet d’être là, de vivre ce que nous vivons, de toucher ce que nous touchons et de traverser ce que nous traversons.
AWEN, Frédéric